Les Arabes et la Guerre Civile espagnole
Creator: Bakdash, Khaled (1912-1995)
Creator: Sidki, Najati (1905-1979)
Source:
Instituto de Literatura Árabe de Túnez (IBLA).
Date Created: 1937
Extent: 1 item
33.51307, 36.30958
Le coup d'État militaire en Espagne et le développement ultérieur du conflit eurent un impact considérable sur le monde arabe. Ces informations ont fait la une de la presse écrite locale, et des campagnes de soutien matériel et logistique ont été menées dans plusieurs pays. La Guerre Civile espagnole s’est inscrite au cœur du débat entre démocratie et fascisme dans des pays en proie à des luttes de libération nationale, avec la montée en puissance de mouvements nationalistes plus ambitieux. Cela signifie que ce débat, déjà présent dans une grande partie du monde occidental, a pris une nouvelle dimension dans les pays arabes : celle de la perspective anticoloniale.
À ces actes de solidarité, qui allaient de la collecte de dons à l'envoi clandestin d'armes, s'ajoutait la présence de centaines de volontaires antifascistes enrôlés dans les rangs de l'armée républicaine, principalement au sein des Brigades internationales.
Bien que, dans l'imaginaire populaire, on considère que les nationalismes arabes se sont rangés du côté du fascisme, plusieurs figures de ces mouvements ont manifesté leur soutien à la cause républicaine. Le Comité d’action marocain, l’Étoile nord-africaine de Messali Hadj en Algérie, le Néo-Destour de Habib Bourguiba en Tunisie ou Riad El Solh au Liban, ont fait des déclarations publiques de soutien à la cause républicaine et contre le coup d’État militaire.
Ce livre, imprimé à Beyrouth mais publié à Damas, illustre clairement cet impact. Publié en 1937, il était vendu dans les rues de Syrie pour 10 centimes, à la manière d’un tract politique. Il a été écrit dans le but de sensibiliser les lecteurs syriens et libanais en s’appuyant sur le contexte de la Guerre Civile espagnole. Le livre était signé par le leader communiste syrien Khalid Bakdash, bien que par la suite, le Palestinien Najati Sidqi, considéré comme le premier Arabe à avoir adhéré au Parti communiste palestinien, en ait revendiqué la paternité. En effet, Sidqi avait été envoyé en Espagne par le Komintern soviétique pendant la guerre pour mener des actions de propagande et d'agitation. Les mémoires qu'il a laissés sur son passage en Espagne constituent le témoignage direct le plus concret de la présence de volontaires antifascistes du monde arabe dans le camp républicain. Sous le pseudonyme de Mustafa Ibn Jala, se faisant passer pour un Marocain, il rédigea des proclamations en arabe destinées au front et au Maroc, participa à diverses émissions de radio pour Altavoz del Frente (Haut-parleur du Front), et créa l'Association antifasciste hispano-marocaine avec quelques arabistes et Marocains.
Les mémoires de Sidqi sont toutefois empreintes d'une amertume face au peu d’intérêt, voire au mépris direct, que son travail en Espagne a suscité chez les représentants du camp républicain, qu'il s'agisse de miliciens de base ou même de ministres et de personnalités de haut rang.
AR/MA






