Trois films hollywoodiens
Creator: Hogan, James (1890-1943)
Creator: Marshal, George (1891-1975)
Creator: Dieterle, William (1893-1972)
Date Created: 1937
Type: Film
Extent: 1 item
34.098, -118.32952
Hollywood a tourné trois longs métrages de fiction sur la Guerre d'Espagne pendant son déroulement : The Last Train From Madrid (James Hogan, 1937, Paramount Pictures) - un extrait apparaît ici - Love Under Fire (George Marshall, 1937, Twentieth Century-Fox) et Blockade (William Dieterle, 1938, Walter Wanger/United Artists).
L'historiographie traditionnelle a jugé The Last Train From Madrid et Love Under Fire comme des films inoffensifs, soumis aux préceptes d'impartialité du Bureau Hays et, en somme, comme de simples mélodrames commerciaux de série B dans lesquels la Guerre Civile servait de toile de fond. Or, on détecté des postulats idéologiques dans les deux cas.
The Last Train From Madrid tente de compenser les actes répréhensibles commis par les deux camps. Il contient en effet des images réelles d'un journal de cinéma soviétique — le numéro 10 de K Sobitiyam v Ispanii (Sur les événements en Espagne, 1936, Roman Karmen et Boris Makasséiev, Soiuzkinochronica) — qui montrent les bombardements de l'aviation nazie sur la population civile de Madrid. Cependant, son argumentation, avec plusieurs de ses protagonistes refusant de se battre pour la République et devenant des traîtres et des déserteurs du gouvernement démocratique, dégage une forte odeur pro-franquiste. Lors de sa sortie aux États-Unis, la presse de gauche américaine l’a durement attaqué et l’a qualifié de fasciste. Il a été le seul à être distribué dans l'Espagne républicaine — comme El último tren de Madrid — au grand dam des critiques, qui ont même exigé que le négatif soit brûlé.
Pour sa part, Love Under Fire n'est ni apolitique ni neutre, comme on l'a toujours supposé, mais possède un sous-texte clairement antifranquiste, antifasciste et antinazi. De plus, il a été conçu dès le départ comme un film contraire aux puissances de l'Axe. Cette idéologie a été délibérément infiltrée dans le film, au risque de nuire à son succès commercial, en raison du rejet massif et catégorique qu'avait subi The Siege of the Alcazar, le projet précédent du même studio, dont la position était tout à fait opposée.
En revanche, Blockade, film à gros budget et mettant en vedette de grandes stars — Madeleine Carroll et Henry Fonda —, est la seule production hollywoodienne à avoir pris parti dans le conflit et à avoir manifesté son soutien manifeste à la cause républicaine, même si son message est aussi crypté et codé que celui des deux autres.
Malgré les efforts du Bureau Hays pour les expurger de leur contenu politique, elles ont toutes été interdites par la dictature franquiste. Elles ont en commun d’être abstraites, incompréhensibles et complètement éloignées de la lutte réelle qui se déroulait en Espagne. The Last Train From Madrid et Love Under Fire sont en outre incohérentes d'un point de vue historique et politique.
CG






