Volontaires antifascistes du monde arabe
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Wikimedia Commons, https://fr.wikipedia.org/wiki/Rabah_Oussidhoum#/media/Fichier:Rabah_Oussidhoum.jpg, CC By 4.0
Type: Photograph
Extent: 1 item
Lorsque la Guerre Civile espagnole a éclaté, les réactions dans le monde arabe ne se sont pas faites attendre. Les principales organisations de gauche, parfois avec le soutien de certaines organisations nationalistes, ont lancé des campagnes de solidarité avec la République. Dans la plupart des cas, il s'agissait d'organiser des manifestations publiques, allant de défilés à des rassemblements, en passant par des collectes de nourriture, de médicaments et de vêtements. Mais il y eut aussi quelques centaines de volontaires qui se rendirent en Espagne pour lutter contre le fascisme. Leurs origines étaient diverses. Parmi eux figuraient des Français, des Espagnols ou des Italiens mais aussi des Arabes, des Kabyles, des Juifs du Maghreb, des Chaldéens, des Arméniens et des Grecs.
L'Algérie est la région d'où provenait une grande partie des volontaires. Et ce, pour différentes raisons. D'une part, en raison de sa proximité avec la péninsule ibérique et de ses liens historiques étroits. La région d'Oran abritait une importante communauté historique originaire d'Almérie, de Murcie et de Valence, de sorte que la Guerre Civile a rapidement mobilisé des sympathisants de l’un ou l’autre camp. Il n'est pas étonnant que le port de la ville d'Oran ait connu une intense activité. D'autre part, dans les grandes villes françaises, comme Paris, Lyon ou Marseille, un grand nombre de travailleurs algériens s'étaient établis depuis des décennies, dont certains devinrent militants des principales organisations de gauche.
Rabah Oussidhoum, le personnage de cette photo, en est un bon exemple. Amazigh originaire de Kabylie algérienne, il a adhéré au PCF après avoir émigré à Paris, où il a travaillé dans différentes usines, notamment chez Renault à Billancourt. En Espagne, il a même commandé le bataillon Commune de Paris, le poste le plus élevé occupé par un Algérien, jusqu'à sa mort au combat à Caspe en mars 1938.
Bien qu’en nombre réduit, d’autres volontaires originaires du Maroc, de Tunisie, d’Égypte, du Liban, de Syrie, de Palestine ou d’Irak ont également été recensés. La plupart d'entre eux ont rejoint les Brigades internationales, même si quelques-uns ont fait partie des milices anarchistes ou du POUM, surtout au début de la guerre. L'anarchiste sans doute le plus connu fut Mohand Ameziane Sail, un Kabyle algérien comme Oussidhoum, également installé à Paris, où il devint militant de l'Union anarchiste (UA) et fit partie, en Espagne, de la Colonne Durruti.
Au sein des Brigades internationales, les volontaires maghrébins, libanais et syriens ont généralement été affectés à la XIVe ou à la XIIIe Brigade, à majorité francophone, tandis que les Irakiens, les Égyptiens et les Palestiniens ont plutôt rejoint la XVe Brigade, où se trouvaient les anglophones.
AR/MA






