Album du camp d'internement de Gurs
Source:
Military Historical Archives, Prague
Date Created: 1940
Extent: 1 item
43.27165, -0.7394
Après la fin de la Guerre Civile espagnole, les autorités françaises ont interné près de 20 000 réfugiés espagnols dans le tristement célèbre camp de Gurs, au pied des Pyrénées. Il s'agissait notamment d'un grand nombre d'anciens membres des Brigades internationales, en particulier ceux originaires de pays où ils ne pouvaient pas retourner parce qu'ils auraient été soumis à une répression sévère de la part des régimes autoritaires ou des forces d'occupation qui avaient pris le contrôle de leur pays depuis leur départ.
Parmi eux se trouvaient des Tchécoslovaques. À l'origine, ils étaient plus de six cents, et leur nombre n'a que très légèrement diminué au cours du printemps et de l'été 1939. Certains ont accepté de rejoindre la Légion étrangère française, d'autres ont obtenu l'autorisation d'évacuer vers l'Union soviétique, certains ont trouvé du travail ou d'autres garanties et ont été libérés, et quelques individus ont réussi à s'échapper. La conscription dans l'armée tchécoslovaque en exil eut lieu à Gurs en décembre 1939, et 383 internés rejoignirent ses rangs.
La vie dans le camp était assez dure. Cependant, l'insuffisance de nourriture, les mauvaises conditions sanitaires et les logements inadéquats n'ont pas poussé la plupart des internés à la passivité. Dans la mesure de leurs possibilités, ils ont organisé des spectacles culturels de différents genres, ainsi que des compétitions sportives ou des cours de langue. Le plus grand événement organisé par les internés eux-mêmes fut la célébration de la fête nationale française le 14 juillet 1939, au cours de laquelle les internés souhaitaient démontrer leur fidélité à la France, mais aussi leur résilience, leur détermination, leur unité et leurs qualités morales, intellectuelles et physiques.
Des intellectuels et des artistes parmi les Tchécoslovaques internés ont apporté une contribution importante à ces activités. Une petite édition de cinq exemplaires d'un album a été créée afin de rappeler aux autorités tchécoslovaques en exil et aux françaises les conditions difficiles des anciens combattants en Espagne. En plus des scènes de genre, les vingt-sept pages, dont deux sont présentées ici, dépeignent les problèmes individuels de la vie du camp : hygiène, alimentation, hébergement, soins sanitaires et médicaux, questions spirituelles, travail à l'intérieur et à l'extérieur du camp, activités sportives et culturelles, ainsi que le plan du camp et son personnel français. De manière quelque peu surprenante, l'album apparaît comme non conflictuel, donnant presque l'impression d'une compréhension mutuelle et d'une coopération idyllique entre le personnel du camp et les internés. Cependant, il est important de réaliser que l'artiste a utilisé cette « approche douce » dans le but de convaincre les autorités françaises de changer leurs attitudes envers les internés et d'améliorer leurs conditions de vie.
ZM






