La vachette
Creator: García-Berlanga, Luis (1921-2010)
Contributor: Azcona, Rafael (1926-2008)
Date Created: 1985
Type: Film
Extent: 1 item
Ce long métrage réalisé par Luis García-Berlanga, sur un scénario écrit par le réalisateur lui-même et Rafael Azcona, constitue le onzième scénario que les deux hommes ont réussi à porter à l’écran, avec des succès aussi remarquables que Plácido (1961) et El verdugo (Le bourreau, 1963). L'intrigue originale de Berlanga remonte aux années 1940. À partir de 1956, ils rédigeront deux versions avec des titres différents, Tierra de nadie et Los aficionados, qui seront publiées, mais qui ne seront jamais filmées. En 1978, un adaptation romancée du scénario est publiée sous le titre La Fiesta Nacional. Selon les déclarations du réalisateur, ses tentatives répétées pour le produire ont été abandonnées par les producteurs à qui il a présenté le projet ou par la censure franquiste, bien qu'il n'y ait pas de trace de dossier administratif à ce sujet. La production dans les années 1980 s'est distinguée par ses coûts élevés, dans l'industrie cinématographique espagnole, et par la présence d’un casting masculin de choix.
En août 1938, le front d'Aragon est si stable entre les deux camps que la seule chose qu’ils échangent est du papier à cigarette contre du tabac. C'est la veille de l'Assomption et le camp rebelle organise la célébration avec une corrida, dont le programme est diffusé à grand renforts de haut-parleurs dans les tranchées républicaines afin de démoraliser les soldats. Un petit commando hétéroclite de soldats républicains camouflés s'infiltre dans les lignes ennemies pour voler la vachette, gâcher la fête de l'ennemi et offrir un banquet à leurs compagnons affamés. Les situations comiques, les confusions et les imbroglios se succèdent de manière absurde sans qu’aucun des deux camps n’atteigne son but : la vachette ne viendra pas égayer les fêtes nationales et ne nourrira pas les Républicains.
Le film traite la Guerre Civile avec un humour équidistant. La satire a été rendue possible par l'évacuation de tout ce que la guerre a de tragique. Sans morts ni violences, le front de bataille a pu revenir sur les écrans des années 1980 comme le décor d'une farce dans laquelle les traits comiques des personnages obéissent à des caractéristiques carnavalesques attachées à la matérialité humaine et opposées à l'absurdité des valeurs transcendantes qui motivent les guerres.
Avec près de deux millions d’entrées, le film est devenu le succès annuel du cinéma espagnol. Le bon accueil réservé par le public à cette comédie sur la Guerre Civile a donné lieu à une série de productions cinématographiques qui, dans les années suivantes, ont revisité la guerre et la figure de Franco avec humour.
ALA






