La solidarité de la Fédération internationale des travailleurs du transport
Creator: International Transport Workers’ Federation
Date Created: 1936
Extent: 1 item
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Les travailleurs du transport ont joué un rôle de premier plan dans la résistance à la montée du fascisme européen et dans le soutien à la cause antifasciste dans la Guerre Civile espagnole.
Une grande partie de cet effort a été coordonnée et soutenue par la Fédération internationale des travailleurs du transport (ITF). Alors basée à Amsterdam, l'ITF était active dans des activités clandestines antinazies en Allemagne depuis l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933. Elle a publié le bimensuel Hakenkreuz über Deutschland (La croix gammée sur l'Allemagne), qui fut rebaptisé Faschismus (fascisme) et élargit son champ d’action pour inclure l'Italie, l'Autriche, l'Espagne et le Portugal. Elle continua à publier jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945.
Les syndicats des transports et l'ITF ont recouru à des actions syndicales et à des pressions politiques pour s'opposer à la rébellion de Franco contre le gouvernement élu de l'Espagne. Plusieurs centaines de travailleurs des transports ont également rejoint les Brigades internationales pour combattre aux côtés de la République espagnole. En outre, les syndicats ont été à l'avant-garde des campagnes humanitaires visant à envoyer de la nourriture et des fournitures médicales en Espagne et à aider les réfugiés de la guerre.
De nombreux navires à destination des ports contrôlés par les franquistes ont été boycottés par des actions syndicales. L’ITF a collecté des fonds pour envoyer des navires de ravitaillement en Espagne républicaine, et les dirigeants de la fédération se sont rendus à plusieurs reprises en Espagne pour coordonner l’aide. Dès le début de la guerre, l'ITF a appelé les syndicats à inspecter toutes les cargaisons à destination de l'Espagne afin d'empêcher que des armes ne parviennent aux rebelles.
Les syndicats des transports de Scandinavie et des pays du Benelux ont appelé à un boycott commercial total de l'Espagne franquiste. Cependant, cette initiative s’est heurtée à la résistance des syndicats britanniques, qui ne voulaient pas aller à l’encontre de la politique de non-intervention de leur gouvernement. Plusieurs syndicats de transport ont néanmoins pris des mesures, par exemple les dockers d’Anvers.
L'image présentée ici est la couverture de Die Schiffahrt (La navigation), un bulletin d'information clandestin publié par l'ITF à Anvers entre 1936 et 1938 qui circulait à Rotterdam et dans les ports du Danemark, de la Norvège et des États-Unis. Un article intitulé, « Sur la situation en Espagne », appelait les marins allemands à « signaler toutes les cargaisons d'armes qui quittent les ports allemands à destination des fascistes espagnols ! Arrêtez ces transports par tous les moyens ! » Le réseau d’information secret de l’ITF en Allemagne, qui comptait notamment des dockers de Hambourg, était en mesure de recueillir des informations sur les livraisons d’armes destinées à la Légion Condor d’Hitler en Espagne. Les marins des ports franquistes transmettaient des informations militaires à l'ITF, qui les relayait ensuite aux autorités républicaines espagnoles.
Dans l’ensemble, le travail des syndicats a été un exemple remarquable de solidarité internationale. Afin d’en préserver la mémoire, l'ITF a publié en 2016 une brochure illustrée, « No pasarán ! L'ITF et la lutte contre le fascisme » qui est disponible ici :
JJ






