Fusil-mitrailleur léger modèle 26
L'un des problèmes majeurs pour les deux camps dans la Guerre Civile espagnole était l’approvisionnement en matériel militaire. Alors que les franquistes bénéficiaient du soutien direct de l'Italie fasciste et de l'Allemagne nazie, le gouvernement républicain ne pouvait pas compter entièrement sur les approvisionnements de l'Union soviétique et cherchait des armes partout où il le pouvait.
Cependant, dans le cadre de la politique de non-intervention, un embargo international a été imposé sur les livraisons à destination de l'Espagne. Le gouvernement républicain n’a donc pas été en mesure de commander les armes de son choix, mais a dû acheter tout ce qu’il pouvait se procurer, sans tenir compte de la qualité ou du prix. Afin de contourner l’embargo, les transactions ont été effectuées par l’intermédiaire d’acheteurs fictifs (dont certains pays européens, latino-américains et asiatiques). De nombreux pays ont profité de cette occasion pour se débarrasser à un prix très avantageux d'équipements obsolètes, non standardisés et inutiles.
La Tchécoslovaquie faisait également partie de ces vendeurs clandestins. Bien qu'elle soutenait officiellement la non-intervention, une grande quantité de matériel militaire fut envoyée en Espagne par divers canaux. Il s'agissait notamment de munitions, de modèles de casques mis au rebus et même de cinquante avions qui avaient été retirés du service de l'armée de l'air tchécoslovaque et vendus fictivement à l'Estonie.
Cependant, la contribution la plus importante de la Tchécoslovaquie fut la livraison de fusils et de mitrailleuses de pointe, effectuée en accord avec l'Union soviétique et par l'intermédiaire d'un réseau de transporteurs. Cinquante mille fusils modèle 24 et deux mille fusils-mitrailleurs légers modèle 26 de renommée mondiale (entre autres équipements) arrivèrent en mars et avril 1938, juste à temps pour réarmer les unités des Brigades internationales qui se préparaient à lancer la bataille de l'Èbre. À l’époque, il s'agissait des armes légères les plus modernes et de la plus haute qualité sur tout le front espagnol. Les membres des Brigades internationales en étaient enthousiastes, en particulier le fusil-mitrailleur léger modèle 26.
Le fusil-mitrailleur était d'une qualité si exceptionnelle que l'armée de Franco l'a introduite dans son arsenal après la Guerre Civile. Il a ensuite été fabriqué dans des usines d'armement espagnoles et est resté en service jusqu'aux années 1960.
Cette livraison d'armes fut peut-être l'aide concrète la plus importante fournie par la Tchécoslovaquie à la République espagnole. Cependant, le régime communiste d'après-guerre dissimula délibérément l'importance des livraisons d'armes tchécoslovaques, car il voulait cacher le fait que le gouvernement « bourgeois » tchécoslovaque avait volontairement et efficacement soutenu les républicains en Espagne.
ZM






